Le président

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Le président 2018-02-12T16:47:24+00:00

Au Mali, le nouveau gouvernement dirigé par Soumeylou Boubeye Maïga a tenu son premier Conseil des ministres. Une rencontre à laquelle s’est invité le président IBK qui a voulu dresser une liste de priorités, parmi lesquelles la mise en place du programme présidentiel d’urgence sociale à destination des populations. Mais c’est surtout la sécurité qui préoccupe le président.

Le président malien a commencé son allocution par un vœu : la mise en œuvre de « l’accord de paix doit être une priorité », dit-il. Le chef de l’Etat demande aux ministres d’initier très rapidement le projet de loi sur l’entente nationale qu’il a évoquée lors de ses vœux de début d’année. Une loi qui devrait comporter des mesures d’amnistie en faveur de certains acteurs de la rébellion armée de 2012.

Quant à la situation sécuritaire dans le centre du pays, le président malien demande à ce qu’un dialogue politique « inclusif » sur la situation sécuritaire dans cette région soit conduit sans délai. IBK ne donne pas plus de précisions sur les personnes qui pourraient ou qui devraient selon lui être intégrées aux discussions. Si le dialogue avec le prêcheur radical Amadou Kouffa semble exclu (du moins officiellement), beaucoup d’acteurs locaux estiment qu’il faut et surtout qu’il est possible de discuter avec les radicaux du centre.

En faisant référence aux élections, IBK se fait plus directif : « Je vous donne instruction  d’éviter l’improvisation », dit-il. Pour cela,  il faut un « fichier électoral crédible » et un « dépouillement transparent ». L’année 2018, martèle le président, est une année électorale, comme pour rassurer diplomates et autres observateurs de plus en plus nombreux à douter de la bonne tenue des présidentielles.

En droite ligne des recommandations de la Conférence d’entente nationale, le président IBK a annoncé sa volonté d’initier dans les semaines à venir un projet de loi sur l’Entente nationale.

En pratique, le texte proposera plusieurs actions tendant à mettre sur le rail le processus de paix. L’exonération de poursuites de tous ceux impliqués dans une rébellion armée, mais qui n’ont pas de sang sur les mains, des mesures d’apaisement après l’accélération des procédures en cours et les réparations accordées aux victimes reconnues et un programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes et s’engageront publiquement à renoncer à la violence.

IBK veut accélérer le processus de paix : Un programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes en gestation.

Presqu’au point mort, le processus de paix pourrait être renforcé dans les jours à venir. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le chef de l’Etat lors de son adresse à la nation. IBK propose un programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes.

Mais avant l’institution du projet de loi, IBK a donné des précisions : “Je voudrais être bien compris. Le projet de loi ne constitue ni une prime à l’impunité, ni un aveu de faiblesse encore moins un déni du droit des victimes à se voir rendre justice. Il s’appuie sur les vertus du pardon, tel que celui-ci est pratiqué dans nos diverses communautés. Il offre une possibilité de réinsertion à ceux qui se sont laissés entraîner dans la contestation armée, mais qui n’ont pas commis l’inacceptable et qui manifestent un repentir sincère”.

Plus explicite le chef de l’Etat dira que “le projet de loi sera d’ailleurs très précis dans la description de types de situation qui seront examinés. Il sera tout aussi explicite concernant les traitements qui seront appliqués”.

Thérapie de choc

L’annonce fait sourire même si certains acteurs du processus de paix souhaitent sa concrétisation sur le terrain.

Cependant, une telle volonté du sommet confirme que les structures en charge de la mise en œuvre de l’œuvre ont montré leur limite notamment le processus de désarmement, démobilisation réinsertion (DDR). Le DDR est au point mort alors qu’un financement de plus 9 milliards de la banque est disponible pour sa réalisation.

Un constat tout de même, tout le monde sur le terrain s’accorde sur le fait qu’une résolution durable du conflit armé dans le Nord passera forcément par le désarmement de l’ensemble des groupes. Pourvu que la volonté politique affichée d’IBK puisse être une thérapie de choc pour l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation.